Wolfenstein II The New Colossus : Le test

Wolfenstein II : the New Colossus est un FPS développé par Machine Games et édité par Bethesda. Il est disponible depuis le 27 octobre 2017 sur PC, PS4 et XboxOne.

Introduction :

Après un excellent premier volet, qui était surtout une très bonne surprise, les développeurs de Machine Games ne pouvaient pas décemment abandonner notre BJ. Blazkowicz à son sort.

Démarrant directement là où Wolfenstein The New Order s’était arrêté, et avec un petit artifice scénaristique, The New Colossus reprend le flambeau avec cette uchronie totalement assumée où nos détestés Nazis ont conquis le monde. Avec un héros à moitié en forme (et donc avec la moitié de sa vie et … en fauteuil roulant), le début de votre aventure vous amènera à lever la résistance et à soulever le peuple américain.

Suite à cet exil sur le nouveau continent, les artistes et auteurs suédois ont clairement pu s’exprimer en revisitant la pop culture américaine à la sauce allemande ! Ainsi, et si vous avez raté la géniale campagne marketing, les USA se voient complètement contrôlés par les Nazis, de la télévision au cinéma en passant par la langue. Nos ennemis du Ku Klux Klan sont également de la partie avec leur turlututu chapeau pointu. Autant vous dire que cela va énerver BJ. Blazkowicz, surnommé désormais « Blazko le Barjo ». Ainsi, de Roswell à la Nouvelle-Orléans en passant par la zone … 52 … on aura fort à faire ! Le Nazi, cela ne se dégomme pas tout seul !

Test :

Pour rappel, les parties Gameplay, Graphismes, Bande-son/scénario (moitié pour chaque) et Scénario sont notées sur /5. Le test final est noté sur /20 et cette note reste une appréciation globale du titre et non une moyenne arithmétique. 

Gameplay :

Pour ce second volet, autant dire que Machine Games n’a pas cherché à chambouler l’excellent gameplay du premier volet … et encore ! Le feeling des armes est toujours aussi jouissif et l’akimbo marche à merveille. Il est même désormais possible de configurer différemment la main droite de la main gauche même si c’est clairement anecdotique en pratique et plutôt particulier à utiliser.

Par contre, et je trouve ça dommageable, il y a une volonté d’agrandir les niveaux et donc de les rendre plus ouverts. Si cela permet de cacher des trésors et des conneries partout, cela aussi le démérite d’amener des ennemis de tous les côtés et de perdre le joueur inutilement. Comprenez moi bien, je ne parle pas de niveaux totalement ouverts mais des niveaux avec plusieurs voix d’accès en permanence. The New Order était à mon sens mieux construit, avec un couloir qui menait à des zones plus ouvertes et non plusieurs couloirs qui se croisaient pour former des zones plus ouvertes.

Ce level design tue également complètement les phases d’infiltration. Comme dans le précédent jeu, de temps à autres vous vous retrouvez à devoir assassiner des commandants discrètement. Si vous ne le faites, ils lanceront une alerte, ce qui compliquera légèrement votre avancement. Et franchement, avec cette ouverture, ils sont bien trop planqués pour réellement le tenter. A part assassiner deux trois nazis discrètement, on en vient vite aux armes pour s’amuser bien plus ! Contre toute attente, les Nazis engagent des aveugles ou des mecs avec une vision aussi affutée que des aigles comme simples trouffions ! Allez comprendre !

Pour finir avec certains problèmes de gameplay, on notera cette multitude d’éléments à ramasser pour l’armure et la vie. Comme vous le savez sans doute, votre vie ne remonte que très légèrement dans Wolfenstein et vous devrez donc la surveiller attentivement sous peine de mourir rapidement ! Et pour tout vous dire, n’ayant pas joué depuis un certain temps à un FPS, et me croyant malin en testant le mode difficile, j’en ai bavé, surtout durant la première partie du jeu ! Le problème dans tout ça, c’est que le rayon de ramassage automatique autour de vous est minuscule et qu’il faudra en permanence appuyer sur « E » pour récupérer certains objets. Cela peut sembler tout bête mais cela casse inutilement le rythme des fusillades.

Ces errements de level design sont frustrants mais les combats sont tellement jouissifs qu’ils viennent légèrement gommer ces défauts, surtout sur la seconde partie du jeu où le titre prend enfin son envol et devient juste grisant.

Note :

Graphismes :

L’id Tech 6, récemment utilisé sur Doom, remplit son rôle mais ne vient jamais nous claquer la rétine. Disons que le travail est propre, même très propre et surtout que le moteur garde sa fluidité. Là où Wolfenstein II vaut le détour, c’est dans sa direction artistique.

Avec sa volonté de se rapproprier les années 60 en jouant allègrement du côté « industriel/machine et en même temps grandiloquent des Nazis, les artistes se sont vraiment éclatés. Certains niveaux comme celui de Roswell sont vraiment sympa sur ce côté là et surtout offre un univers ultra cohérent où pourtant le scénario ne le laissait pas croire ! On aurait peut-être juste pu espérer plus d’endroits mythiques.

Comme dans le premier volet, on retrouve une planque. Cette fois, il s’agit de l’énorme sous marin volé bien gentiment aux ennemis précédemment. Sorte de hub entre les missions, il regorge de vie, bien qu’un peu trop « robotique » et statique. Son absence ne m’aurait pas choquée outre mesure, surtout qu’il ne fait pas spécialement avancer l’histoire, contrairement à un Splinter Cell Double Agent, une référence qui ne parlera qu’aux anciens.

En proposant une direction artistique exemplaire et une partie technique honorable (certains arrières plans sont limites, de même que les cinématiques), Wolfenstein II ne déçoit pas sur ce point et c’est clairement ce qui fait son charme.

Note :

Bande-Son/Scénario :

C’est ici que cela devient plus discutable. Tout d’abord, avant de râler, parlons des choses positives. On retrouve toujours des musiques de rock particulièrement expressives durant les gunfight et les reprises des classiques à la mode douteuse des Allemands. Il faudra par contre les trouver dans les niveaux et je ne suis pas le meilleur inspecteur du monde car je n’ai trouvé qu’un vinyle sur dix lors de mon run pour ce test !

Pour le côté plus dommageable, parlons du doublage. La voix français de BJ. Blazkowicz a changé pour passer de l’excellent Patrick Béthune (lien wiki) à un autre Patrick, Patrick Poivrey (lien wiki), notamment connu pour être la voix officielle de Bruce Willis. C’est là où le bât blesse. Bien trop aigue elle ne correspond pas à mon image de BJ et me sort un peu de l’ambiance. Si ce changement semblait venir d’un choix marketing de Bethesda, la longue maladie dont souffrait Patrick Béthune n’a sans doute pas aidé les choses. Il s’est d’ailleurs éteint tristement dernièrement, peu après la sortie du jeu.

Le doublage français souffle donc le chaud et le froid et plus souvent le froid avec notamment une synchronisation labiale loin d’être exemplaire.

Note :

Reprenant là où s’arrêtait le premier opus, Wolfenstein II part sur le même trip et c’est toujours excellent. On lui reprochera par moment d’être trop WTF mais on rigole bien durant toute l’aventure. Certains passages deviendront d’ailleurs mythiques et vous les dévoiler serait un crime !

Pour le grand méchant, on retrouve une tête connue avec Frau Engel, réchappée on ne se trop comment de sa défiguration. Si sa présence est en retrait, elle amène néanmoins une présence attachante en la personne de sa fille Sigrun, un personnage vraiment excellent !

Fort verbeux, Wolfenstein II parle bien trop, comme si les développeurs voulaient absolument capitaliser sur un élément positif de The New Order. On passe bien trop longtemps à regarder des cinématiques avec juste l’envie de reprendre la souris en main pour aller décapiter et trucider des Nazis.

Note :

Durée de vie :

Etant clairement tourné vers le solo (et c’est une excellente chose), Wolfenstein II réduit d’office sa durée de vie puisqu’aucun multijoueur n’est là pour capitaliser les joueurs sur le long terme comme la mode actuelle le veut. Pour le finir, en difficulté « Marche ou crève » (difficile), j’ai une mis une quinzaine d’heures pour finir l’aventure.

En plus de votre aventure, et via la machine Enigma, vous aurez l’occasion d’aller baiser des commandants Nazis pour le compte de la résistance, de quoi prolonger encore un peu l’aventure.

Enfin, et si vous le souhaitez, un Season Pass est prévu avec trois arcs narratifs différents mais non centré sur Blazkowicz.

Wolfenstein II est clairement correct dans son contenu mais comme tout FPS linéaire solo vous savez qu’il ne vous entrainera pas pendant 50 heures. A coté de ça, il vous fera passer un très bon moment. Notons que le choix effectué entre Fergus et Wyatt dans le premier opus vous sera redemandé ici, de quoi proposer une petite replay value au jeu.

Note :

Optimisation – Interface – options graphiques :

De manière assez surprenante, la sortie PC n’a pas été sans heurts. Machine Games nous avait pourtant fait espérer mieux. Alors rien de dramatique, disons que certains joueurs ont eu des crashs au démarrage. A priori c’est de l’histoire ancienne même si ce Wolfenstein II reste légèrement instable, une cinématique plantant carrément le jeu de mon côté. Heureusement une simple vérification des fichiers via Steam m’a permis de régler le problème.

Techniquement, on notera quelques glitchs graphiques dans certains arrières plans. Les développeurs ont déjà patché leur jeu et franchement, ce n’est pas handicapant.

Il ne s’agissait donc clairement pas d’une catastrophe surtout que l’id Tech 6 fait le café et se montre vraiment stable pour garder son 60 FPS même dans les moments les plus intenses.

On aurait espéré un meilleur contrôle qualité mais disons qu’on a clairement vu bien pire ces derniers mois et années, surtout chez Bethesda.

Note :

Conclusion :

Wolfenstein II The New Colossus arrive après la très bonne surprise que fût Wolfenstein The New Order. Si faire mieux était presque impossible, les développeurs suédois ont tout de même réussi à rendre encore plus jouissives les gunfights. Le scénario surfant toujours entre le tragique et le complètement déluré plaira certainement aux fans. Malheureusement certains choix, notamment sur level design, viennent ternir un si bon FPS. Disons que si votre rêve a toujours été d’assassiner du Nazis armé de vos deux armes et que le premier volet vous a charmé alors The Wolfenstein II est fait pour vous !

  • Images :

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Plateforme PC, PS4, XboxOne
Développeur Machine Games
Editeur Bethesda
Date de sortie 27 octobre 2017
Prix (Steam – Amazon PC) 59,99 €44,99 €
Configuration recommandée Windows 8.1, 10 64 bits, AMD FX-9370/Ryzen 5 1600X ou Intel Core i7-4770, 16 Go de RAM, Nvidia GTX 1060 6Go/AMD Radeon RX 470 4Go, 55 Go d’espace libre

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